Un dirigeant qui cherche une agence IA reçoit trois plaquettes qui se ressemblent, trois pages de références prestigieuses, trois notes de cinq étoiles. Rien là-dedans ne se vérifie.

Ce qui se vérifie est ailleurs, et c'est public. Voici les quatre contrôles que nos agents font sur chaque prestataire, refaits à la main en dix minutes.

1. Le SIREN, et ce qu'il raconte

Cherchez le SIREN dans les mentions légales du site, puis passez-le au registre des entreprises. Vous obtenez gratuitement la date de création, le code d'activité, l'effectif déclaré et le statut.

Trois choses méritent votre attention.

La date de création. Sur les 41 agences IA de notre classement, l'ancienneté médiane est de huit ans. Beaucoup se sont créées en 2023 et 2024. Une agence née il y a dix-huit mois peut être excellente, mais elle n'a pas encore livré de projet qui tourne depuis deux ans, et c'est précisément ce que vous achetez.

Le code d'activité. Une société enregistrée en conseil de gestion qui vend de l'intégration technique n'est pas forcément suspecte, mais c'est une question à poser.

L'effectif. Une agence qui parle de « nos équipes » avec zéro salarié déclaré travaille avec des indépendants. Ce n'est pas un défaut, c'est un mode de fonctionnement, et vous devez savoir qui sera réellement sur votre projet.

2. Les annonces légales

Le BODACC publie les procédures collectives, les changements de dirigeant et les dépôts de comptes. C'est consultable librement.

Une procédure de sauvegarde ou un redressement en cours ne condamne pas un prestataire, mais cela change la nature de votre engagement. Vous confiez un système d'information à une entreprise dont l'avenir se joue devant un tribunal. Au minimum, cela se négocie : jalons plus courts, code livré au fil de l'eau, documentation exigée à chaque étape.

Chez nous, la liquidation est éliminatoire. Une entreprise en liquidation ne paraît dans aucun classement, quel que soit son score par ailleurs.

3. Les comptes déposés

Une société commerciale doit déposer ses comptes annuels. Beaucoup ne le font pas, ou demandent la confidentialité.

Le dépôt en lui-même est un signal faible mais lisible : une entreprise qui tient ses obligations administratives dans les délais tient probablement le reste. L'absence de dépôt depuis dix-huit mois, en revanche, mérite une question directe.

4. La cohérence entre le site et le registre

Le dernier contrôle est le plus révélateur, et c'est celui que presque personne ne fait.

Prenez le SIREN affiché dans les mentions légales et vérifiez qu'il correspond bien à l'entité qui vous parle. Nous avons rencontré des sites dont les mentions légales portaient le SIREN d'une autre société, parfois une holding, parfois une structure sans rapport.

Quand un site n'affiche aucun SIREN vérifiable, nous n'en retenons aucun signal. Sur nos 41 agences IA, 19 seulement ont des mentions légales complètes.

Ce que ces contrôles ne vous diront pas

Ils établissent qu'une entreprise existe, qu'elle fonctionne et qu'elle dit la vérité sur elle-même. C'est déjà beaucoup : cela élimine environ la moitié des candidats.

Ils ne disent rien de la qualité technique, du respect des délais ni de ce qui se passe quand un projet dérape. Pour ça, il faut parler à d'anciens clients, et demander à en joindre deux que l'agence n'a pas choisis pour vous.

Le raccourci

Nous faisons ces quatre contrôles chaque semaine sur tous les prestataires que nous classons, et chaque fiche affiche le résultat avec sa source et sa date.

Commencez par le classement des agences IA, celui des agences d'automatisation ou celui des chatbots et RAG. Sur chaque fiche, l'onglet des critères vous donne ligne par ligne ce qui a été relevé, d'où ça vient et quand.

Si un chiffre vous paraît faux, dites-le nous. Nous vérifions la source et nous corrigeons.